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La diététique chinoise
La diététique chinoise - Yin Shi Zhi Liao Fa  "méthode de traitement par la boisson et la nourriture "

Par contraste avec notre culture, les règles d'hygiène alimentaire de base n'ont pas changé en Chine depuis des millénaires. La thérapie par la diététique ne consiste pas à suivre un régime de façon stricte mais s'adapte à l'âge, la constitution, l'état de santé et aux conditions de vie de chacun.

Le Qi passe par l’Estomac. C’est l’utilisation d’aliments à des fins préventives ou curatives. En Énergétique Traditionnelle Chinoise, les aliments sont classés selon leur nature: froide, fraîche, chaude ou neutre et selon leur saveur: sucré et salé, amer, acide, piquant… Ainsi il n’y a fondamentalement pas d’aliments mauvais ou bons mais uniquement des aliments adaptés ou non à notre équilibre du moment !

Dans ce cadre, l'estomac et la rate apparaissent comme les deux principaux organes de la digestion. Les thérapeutes chinois insistent sur la nécessité d'acheminer jusqu'à l'estomac une nourriture qui soit digestible, à la température "correcte", à intervalles réguliers et dans les bonnes quantités.
Cinq éléments essentiels en matière de diététique chinoise, dont l'observation constitue la clé d'une bonne santé.

Du fait que les consultants décident de manger, ou bien ce qui aide ou bien ce qui entrave le traitement du déséquilibre énergétique, l'énergétique Traditionnelle Chinoise (ETC) accorde une grande importance à intégrer une alimentation appropriée selon les principes de traitement du déséquilibre.
Ceci permet au traitement énergétique d’être aidé par un régime alimentaire destiné à renforcer la constitution du consultant et à réguler le déséquilibre actuel.

   La théorie principale de la diététique est qu’après les traitements énergétiques mis en place pour éliminer la plupart des facteurs pathogènes de l’organisme (comme la Chaleur, le Froid, l’Humidité, etc.), on doit utiliser des fruits, des légumes, des graines et des viandes pour nourrir et réguler l’énergie de façon à compléter et à soutenir le mieux-être.

Généralités sur la manière de s'alimenter

   L’alimentation est bien évidemment un point important dans l’hygiène de vie, puisque celle-ci revient trois fois par jour. Toutefois, il faut faire attention à ne pas réduire toute l’hygiène de vie à l’alimentation.

  Du point de vue chinois, l’alimentation est directement en relation avec la fonction Rate (selon l'ETC), puisque c’est elle qui régule la faim, métabolise les aliments pour les transformer en énergie, sang et liquides organiques.

Elle met aussi de côté le surplus et les impuretés qui seront éliminés essentiellement par les selles.
Or, à la fonction Rate (selon l'ETC) est rattachée la réminiscence, le fait de ressasser les choses. Donc si nous cherchons à être perfectionnistes dans le domaine de l’alimentation, nous allons obtenir l’inverse de l’effet recherché, en blessant la fonction Rate.

Pour les Chinois, s’alimenter, c’est prendre soin de soi. On retrouve cette idée chez Hippocrate : "Chaque menu est une ordonnance".

Pour bien manger, selon les préceptes des Chinois, il n’est pas nécessaire de manger chinois. Ainsi, les conseils donnés  seront à la base des produits occidentaux, adaptés à notre culture culinaire et à notre climat (il y a plein de bon sens dans la cuisine occidentale…)  De même, il est conseillé de consommer de préférence des produits de saison et provenant de la région d'habitation (la Nature sait ce qu'elle fait ...)

Conseil du Professeur Leung Kok Yuen :

"Pour obtenir un effet maximum du traitement traditionnel chinois, je vous recommande de ne modifier que progressivement votre alimentation en suivant les conseils de votre praticien".

 
Les aliments sont considérés d’une manière plus qualitative, selon leurs propriétés en termes d’effet sur l’organisme. Ces propriétés sont principalement leur nature, leurs saveurs, leurs tropismes, que nous présentons ci-dessous.

La nature des aliments

Outre une texture, une couleur et une saveur, chaque aliment possède une nature. 
Classiquement, les Chinois distinguent 5 natures : chaud, tiède, neutre, frais et froid.

La nature d'un aliment est définie par l'effet que cet aliment va produire en étant absorbé, et non pas par sa chaleur mesurée au thermomètre.
La nature de l’aliment représente donc l’effet thermique généré dans l’organisme après assimilation de l’aliment. Il s’agit de la sensation de chaleur ou de fraîcheur ressentie pendant ou après sa digestion, indépendamment de la température à laquelle il est consommé. Ainsi si vous mordez dans un piment (même s’il sort du réfrigérateur) ou si vous buvez un verre d’alcool (même avec des glaçons), vous sentez la chaleur envahir votre corps et monter à la tête. Par contre, le thé à la menthe, qui apporte une sensation de fraîcheur alors même qu’il est bu chaud, est une boisson consommée dans les pays très chauds.

Les aliments de nature chaude ou tiède vont élever la température de certaines zones du corps et activer l'énergie de certains organes.
Les aliments de nature froide ou fraîche vont abaisser la température dans certains endroits du corps et ralentir la circulation du sang et de l'énergie.
 
Globalement, sauf exception, les produits du règne végétal seront plutôt frais ou froids, tandis que les produits provenant du règne animal (directement comme la viande, ou indirectement comme le lait ou les oeufs) seront tièdes ou chauds.
Plus précisément, les aliments qui poussent ou vivent dans un milieu aqueux (rivières, lacs, mers) sont de nature plus froide que ceux qui se trouvent sur la terre ferme. De même, la viande des animaux très musculeux et énergiques sera de nature plus chaude que celle des animaux passifs. Cette nature provient également du climat de culture ou de pousse. Par exemple, les aliments de nature chaude ou tiède proviennent particulièrement des cultures en altitude, ou en climat froid. De même, les aliments froids sont le plus souvent originaires des climats chauds ou équatoriaux, ainsi que des bords de mer.

Les aliments de nature tiède ou chaude réchauffent l’organisme, stimulent les fonctions vitales, augmentent le métabolisme. Ils conviennent particulièrement par temps froid, ce sont pour la plupart des viandes, des poissons, des condiments, des épices, des alcools, mais également certains fruits et légumes.

- Les aliments de nature chaude

D'un point de vue chinois, un aliment est dit "de nature chaude" si, une fois absorbé, il dégage une chaleur importante dans l'organisme. Notons que cette nature ne dépend pas de la température prise au thermomètre mais de l'aliment lui-même (ainsi que de sa préparation).  Nous avons la possibilité de modifier la nature d’un aliment lors de sa préparation : plus un aliment recevra de chaleur importante en intensité ou en durée, plus sa nature deviendra chaude.

Ceci se produit par deux types de manipulations :
- selon les méthodes de cuisson : une cuisson à la vapeur entrainera moins d’apport de chaleur qu’une cuisson directement sur le feu
- selon les méthodes de transformation : dessiccation au soleil ou au four, fermentation alcoolique, infusion…

Les aliments de nature chaude éliminent fortement le froid, réchauffent l'organisme, dilatent, assèchent un peu et activent beaucoup la circulation du sang et de l'énergie dans les méridiens. Ils aident aussi à reconstituer la vitalité Yang. Ils sont indiqués lorsque des signes de froid se manifestent dans le corps, comme la frilosité, les mains et pieds froids, les refroidissements dus au climat. Ils sont recommandés également en cas de ralentissement des fonctions du corps, comme la lenteur digestive par exemple. Des personnes frileuses, fatiguées, souffrant de lourdeur digestive, doivent augmenter leur consommation d’aliments de nature tiède ou chaude et limiter celle des aliments de nature fraîche ou froide.

D'un point de vue médical, ces aliments peuvent soulager ou éliminer des troubles de nature froide.
Au contraire, un excès d'aliments de nature chaude (épices, piment, alcool, etc.) développent de la chaleur (voire du Feu) au niveau du système digestif (estomac et foie).

Les symptômes suivants peuvent alors apparaître : bouche amère, douleur épigastrique, soif de boissons froides, odontalgie, aphtes, etc.


1. Exemples d'aliments de nature chaude : 

  - céréales et graines : quinoa, soja

  - légumes : ail, échalotte, asperge, persil

  - produits animaux : agneau, mouton (surtout rein), crevette, viande rouge en général

  - huile : soja

  - condiments, épices : basilic, canelle, clou de girofle, gingembre, moutarde, poivre, piment, origan

  - boissons : café, thé noir fumé, alcool

Aliments plus exotiques :

Sorgho (plante d'origine africaine ressemblant au maïs), fenugrec (graines d'origine moyenne-orientale), oeuf de caille, raifort (racine utilisée comme condiment).


2. Les aliments de nature tiède :

Les aliments de nature tiède éliminent un peu le froid, réchauffent un peu l'organisme, dilatent et activent la circulation du sang et de l'énergie dans les méridiens. Des personnes frileuses, fatiguées, souffrant de lourdeur digestive, doivent augmenter leur consommation d’aliments de nature tiède ou chaude et limiter celle des aliments de nature fraîche ou froide.
Ils aident aussi à reconstituer la vitalité Yang.  D'un point de vue médical, ces aliments peuvent aider à soulager ou éliminer des troubles de nature froide. Au contraire, ils vont aggraver une maladie de nature chaude.

     Exemples d'aliments de nature tiède :

  - céréales et graines : riz glutineux, avoine, épeautre, cacahuète, graines de potiron, graines de courge, graine de tournesol, graine de sésame.

  - fruits : noix, dattes, orange, pêche, cerise, abricot, cassis, mûres, prune, raisin, coing.

  - légumes : poireau, potiron, ciboulette, carotte, châtaigne, ciboule, fenouil, lentilles.

  - produits animaux : poulet, anchois, anguille, cerf, faisan, foie de porc, foie de volaille, mouton, cervelle de boeuf, lait de brebis.

  - huiles : de soja, de Carthage, de sésame grillé.

  - condiments, épices : ail, oignon, vinaigre, gingembre, cornichons, sucre roux.

  - boissons : vins cuits, valériane, badiane, réglisse.

Aliments plus exotiques :

Litchis, longane (fruit d'origine chinoise), jujube (fruit d'origine chinoise), mirin (saké très doux)


3. Les aliments de nature neutre


La nature neutre est une nature équilibrée. Les aliments appartenant à cette catégorie n'ont pas d'action réellement refroidissante ou réchauffante sur l'organisme. Ils peuvent être agrémentés par des aliments tièdes ou frais, en fonction de la saison, des besoins et de la constitution de l'individu.
Ces aliments sont indifféremment utilisés pour les constitutions ou les maladies à caractère froid ou chaud.
Ces aliments représentent donc les aliments de base.

Exemples d'aliments de nature neutre :

- céréales et graines : patate douce, maïs, petits pois, riz complet, riz blanc, graines de soja, pomme de terre, fèves, millet, graines de courge, graines de sésame.


- légumes : choux, brocoli, carotte, citrouille.


- produits animaux : calmar, rognons de porc, jaune d’œuf, foie de génisse, bœuf, carpe.


- huile : arachide, courge, tournesol, pépins de raisin.


- condiments, épices : sucre, levure de bière.


- fruits : prune, fraise, noix de coco, prune, figue, papaye, raisin.


   Aliments plus exotiques :

Racine de lotus, nid d’hirondelle, haricots azukis (haricot rouge du Japon), cornilles rouges et noirs (haricot d’origine africaine), graines de lotus, gombo (fruit d’origine africaine).

Les aliments de nature fraîche ou froide refroidissent le corps, ralentissent les fonctions organiques. Ils conviennent particulièrement par temps chaud.

4. Les aliments de nature fraîche

D'un point de vue chinois, un aliment est dit "de nature fraîche" si, une fois absorbé, il entraîne un léger abaissement de la température de l'organisme. Notons que cette nature ne dépend pas de la température prise au thermomètre mais de l'aliment lui-même (ainsi que de sa préparation). Les aliments de nature fraîche éliminent légèrement la chaleur, refroidissent un peu l'organisme et le sang, condensent et ralentissent modérément la circulation du sang et de l'énergie dans les méridiens.

  Ils sont aussi assez difficiles à digérer et leur absorption peut entraîner, si l'organisme est faible, des stagnations d'aliments dans le système digestif.
D'un point de vue médical, ces aliments peuvent aider à soulager ou éliminer des troubles de nature chaude. Au contraire, ils vont aggraver une maladie de nature froide.  Au contraire, un excès d'aliments de nature fraîche (crudités, etc.) développe du froid  au niveau du système digestif (estomac et foie). Les symptômes suivants peuvent alors apparaître : frilosité, teint pâle, mauvaise circulation sanguine, etc.

Exemples d'aliments de nature fraîche : 

  - céréales et graines : blé germé, orge germé, millet, sarrasin, houblon

  - légumes : aubergine, concombre, céleri, champignons, épinards, haricots verts, laitue, radis, bette

  - produits animaux : oeuf de cane, blanc d'oeufs, grenouille, escargot, carpe, fruits de mer

  - huiles : de palme, de sésame, de tournesol

  - fruits : mandarine, mangue, orange, citron, pomme, poire, mûres, rhubarbe.

 Aliments plus exotiques :

Haricots mungo (d'origine chinoise), radis Daïkon (radis chinois appelé aussi radis d'hiver), pousses de bambou, tofu (pois fermenté d'origine chinoise), fleurs de lys.


5. Les aliments de nature froide

D'un point de vue chinois, un aliment est dit "de nature froide" si, une fois absorbé, il entraîne un abaissement de la température de l'organisme. Les aliments de nature froide éliminent fortement la chaleur, refroidissent l'organisme et le sang, condensent et ralentissent puissamment la circulation du sang et de l'énergie dans les méridiens. Ils sont indiqués en cas de signes de chaleur dans le corps, tels que fièvre, soif excessive, teint rouge, constipation avec selles sèches, urines foncées, agitation, irritabilité, éruptions cutanées rouges, états inflammatoires.

  Ils sont aussi difficiles à digérer et leur absorption peut facilement entraîner des stagnations d'aliments dans le système digestif.

  D'un point de vue médical, ces aliments peuvent soulager ou éliminer des troubles de nature chaude, se manifestant par les symptômes suivants : température, teint rouge, soif de boissons froides, etc.

L'excès d'aliments de nature froide (crudités, eau gazeuse, eau froide, crèmes glacées) peut entraîner un affaiblissement de l'énergie de la fonction Rate et favoriser l'apparition de mucosités au niveau du système digestif ; à long terme, cette faiblesse pourra se propager et atteindre également l'énergie de la fonction Rein.
Les symptômes suivants pourront alors apparaître : diarrhées, frilosité, douleurs abdominales, aliments non digérés dans les selles, oedème, etc.

Exemples d'aliments de nature froide : 

  - céréales et graines : blé, orge, millet, sarrasin

  - légumes : tomate, cresson, oseille

  - produits animaux : crabe, moelle de porc, pieuvre

  - huile : de sésame

  - condiments, épices : menthe, sel, algues alimentaires, sauce de soja

  - fruits : mandarine, citron, ananas, poire, pamplemousse, banane, pomme, amande, kiwi, melon, pastèque, noix de coco

  - boissons glacées.

Aliments plus exotiques :

Pourpier (on consomme en salade les jeunes tiges et les feuilles), kaki (fruit d'origine chinoise ou japonaise, de teinte orangée)

 


Comment choisir la nature de ses aliments ?

Nous devrions adapter la nature des aliments que nous absorbons en fonction de notre constitution, de nos besoins et de la saison en cours.

  - La constitution Yin. Elle est caractérisée par un manque de vitalité, une fatigue chronique et une certaine frilosité. Ces personnes tombent assez facilement malade et ont une tendance à l'obésité. Elles devraient donc consommer une quantité assez importante d'aliments de nature tiède ou chaude.

  - La constitution Yang. Elle est caractérisée par une forte vitalité, une ossature solide et une résistance aux changements climatiques. Ces personnes sont plutôt minces. Aussi, elles devraient consommer habituellement des aliments de nature fraîche ou froide.

Les besoins de chacun varient en fonction des activités quotidiennes (profession, loisirs, etc.). Les personnes dépensant beaucoup de Yang vont privilégier les aliments de nature tiède ou chaude. Les personnes ayant des activités essentiellement Yin (travaux intellectuels par exemple) devraient privilégier les aliments de nature fraîche ou froide.  La saison influe également sur la nature des aliments consommés. Durant les saisons plus chaudes, il serait préférable de consommer surtout des aliments de nature plutôt fraîches ou froides. Durant les saisons plus fraîches, il conviendrait de consommer essentiellement des produits de nature tiède ou chaude.

  Dans tous les cas, la base de l'alimentation devrait en priorité comporter des aliments de nature neutre.

 

Les saveurs des aliments

Chacune des ces saveurs possède un impact particulier dans l’organisme, au même titre que la nature des aliments. De plus, selon la théorie des cinq éléments, chaque saveur correspond à un organe dans lequel elle agit plus spécifiquement.
Une saveur, en quantité modérée, nourrit l’organe qui lui est associé.
Manquer d’une saveur induit donc une malnutrition de l’organe correspondant et des tissus corporels qui lui sont associés. Mais un excès de cette même saveur lèse cet organe, entravant son bon fonctionnement, et provoquant des troubles dans l’organisme.

Il existe 5 saveurs : acide (ou âpre, aigre), amer, sucré (ou fade), piquant et salé.

  Chaque saveur, à partir de l'expérience multimillénaire chinoise, possède un tropisme particulier pour une fonction :

  - la saveur acide a une affinité avec la fonction Foie.

  - la saveur amère avec la fonction Coeur.

  - la saveur sucrée avec la fonction Rate.

  - la saveur piquante avec la fonction Poumon.

  - la saveur salée avec la fonction Rein.

  Même si un aliment comprend plusieurs saveurs, il en existe une plus marquée que les autres ; il peut donc être placé dans telle ou telle catégorie.

1. Les aliments de saveur acide

  La tradition chinoise rattache à la saveur acide deux autres saveurs : âpre et aigre.
  A cette saveur est rattachée la fonction Foie. En d’autres termes, les aliments de saveur acide possèdent une affinité particulière pour cette fonction.
   Ces aliments, par leur action astringente, ont une action de constriction et de maintien. De ce fait, ils peuvent aider dans le traitement des maladies dans lesquelles on peut noter des fuites ou des écoulements pathologiques (transpiration, selles, urines, hémorragies diverses).
Au contraire, en cas d’excès de consommation de cette saveur, c’est la fonction Rate qui se trouve lésée (en effet, ces aliments vont rétracter les chairs, flétrir les muscles, gercer les lèvres, etc.). Sa consommation doit donc être restreinte en cas d’atteinte des tendons et des ligaments.
   De même, un penchant immodéré pour cette saveur, ainsi qu’un rejet total, indiquent souvent un déséquilibre au niveau de la fonction Foie. Le foie, selon la vision de l'énergétique chinoise, est associé aux tendons, aux muscles et aux yeux. Une consommation raisonnable d’aliments de saveur acide tonifie le foie, nourrit les tendons et les muscles, permet une vision correcte. Une consommation insuffisante ou excessive d’aliments de cette même saveur entraîne une perturbation du foie, qui ne nourrit plus de manière adaptée les tendons et les muscles, provoquant tendinites et crampes.

Ainsi, elle tend à retenir ce qui s’échappe du corps de façon pathologique ou excessive (sueur, sperme, liquides, sang, énergie). Les aliments de saveur acide sont souvent utilisés pour aider à arrêter les diarrhées, la transpiration incessante, les leucorrhées, les hémorragies, les toux incessantes, lorsque ces troubles sont provoqués par une déficience de l’organisme.
Si vous mordez franchement dans un citron vert, par exemple, vous aurez la sensation que l’intérieur de vos joues et votre langue se contractent. Même pour des aliments peu acides, pour lesquels vous ne sentez objectivement aucune acidité, cette action astringente existe, à divers degrés.

Quelques aliments de saveur acide :

- Céréales et graines : pain au levain, graines de pistache, graines de sésame
- Légumes : oseille, poireau, tomate
- Fruits : prune, pamplemousse, groseille, citron, fraise, rhubarbe, abricot, ananas, cassis, pêche, poire
- Produits animaux : mouton, agneau, faisan, poulet, fromages, yaourt
- Condiments, épices : vinaigre, mélisse, ortie
- Boissons : thé Tuo Cha, vins, cidre

Produits plus exotiques :
Sorgho (graines d’origine africaine), igname (tubercules riches en amidon), pourpier, grenade, papaye, arbousier, graines de lotus, kaki (figue d’origine japonaise), litchi.


2. Les aliments de saveur amère

A cette saveur est rattachée la fonction Cœur. En d’autres termes, les aliments amers possèdent une affinité particulière pour cette fonction.
   Ces aliments, par leur action desséchante, durcissante, affermissante, consolidante et dispersante, ont une action d’évacuation et d’asséchement de l’humidité. De ce fait, ils peuvent aider dans le traitement des maladies dans lesquelles on peut noter des œdèmes ou des diarrhées. Cette saveur évacue la chaleur se manifestant en excès dans n’importe quelle partie du corps.
   Ce type d’aliments possède également une action d’apaisement de la nervosité et des palpitations. La saveur amère stimule également l’appétit, augmente la sécrétion des sucs gastriques et peut avoir une action vomitive sur les toxines.
   La consommation régulière d’aliments amers va donc être bénéfique pour la fonction Cœur.
   Au contraire, en cas d’excès de consommation de cette saveur, on peut noter : dessèchement de la peau et des muqueuses, chute des poils et des cheveux, vomissements.
   De même, un penchant immodéré pour cette saveur, ainsi qu’un rejet total, indiquent souvent un déséquilibre au niveau de la fonction Cœur.
Ce que nous appelons chaleur en énergétique chinoise est souvent une hyperactivité physiologique ou pathologique, qui entraîne par exemple : teint rouge, inflammations oculaires, aphtes, éruptions cutanées, constipation avec selles sèches, cystites, soif, urines foncées et peu abondantes, etc. L’insomnie, l’agitation, l’irritabilité et la tendance à se mettre facilement en colère peuvent également être des manifestations de chaleur dans l’organisme. La saveur amère purge cette chaleur, la draine vers le bas. Par ailleurs, cette saveur tend à avoir un effet asséchant.

Consommer des aliments de saveur amère favorise les fonctions du cœur et de l’intestin grêle, stimule également les fonctions de l’estomac (propriétés apéritives). Par contre, consommer trop ou trop peu de cette saveur peut perturber le fonctionnement de ces organes.
 
Quelques aliments de saveur amère :

- Céréales et graines : blé, épeautre
- Légumes : asperge, laitue, algues, artichaut, céleri, chicorée, endive
- Fruits : pomme, abricot, figue, pamplemousse
- Produits animaux : porc, tous les poissons
- Condiments, épices : basilic, cardamone, estragon, curcuma
- Huiles : lin, sésame
- Boissons : café, thé, absinthe, bière, gentiane


Produits plus exotiques :
Graine de momordique (melon amer), longane, ramboutan (fruit tropical d’Asie)


3. Les aliments de saveur sucrée

La tradition chinoise rattache à la saveur sucrée une autre saveur : douce.
  Cette saveur est très largement représentée dans notre alimentation quotidienne, bien qu’elle puisse être « colorée » par de nombreux condiments et assaisonnements.
   A cette saveur est rattachée la fonction Rate. En d’autres termes, le sucré possède une affinité particulière pour cette fonction.
   Ces aliments, par leur action tonifiante, hydratante et harmonisante, reconstituent l’énergie vitale et la répartit dans les différents organes.
   Ce type d’aliments possède également une action calmante dans les maladies articulaires ou rhumatismales liées à l’humidité.
   La consommation régulière d’aliments possédant cette saveur va donc être bénéfique pour la fonction Rate.
   Au contraire, l’excès de consommation de cette saveur va léser directement la fonction Rate. En effet, cette dernière n’aime pas le surplus d’humidité, alors que la saveur sucrée, en ralentissant les fonctions de l’estomac, favorise la production d’humidité dans les voies digestives et ralentit la circulation de l’énergie, entraînant par exemple une fatigabilité.
   De même, un penchant immodéré pour cette saveur, ainsi qu’un rejet total, indiquent souvent un déséquilibre au niveau de la fonction Rate.

Quelques aliments de saveur sucrée :

- Céréales et graines : épeautre, maïs, millet, quinoa, riz gluant, seigle, amandes, cacahuète, noix, graine de lotus
- Légumes : haricots, pois, soja noir, asperge, aubergine, betterave, potiron, petits pois, carotte, choux, brocolis
- Fruits : dattes, banane, raisin, poire, mûre, noix de coco, avocat, cerise, pomme, figue
- Produits animaux : anguille, carpe, mulet, coquille Saint-Jacques
- Huiles : palme, sésame, raisin, olive, noix, soja, arachide
- Condiments, épices : sucre d’orge, sucre de malt, sirop d’érable
- Boissons : jus de fruits, lait de soja.

Produits plus exotiques :
Amarante (feuille ou graine), kamut (ancienne variété de blé dur)


4. Les aliments de saveur piquante

La tradition chinoise rattache à la saveur piquante une autre saveur : âcre.
   A cette saveur est rattachée la fonction Poumon. En d’autres termes, les aliments à saveur piquante possèdent une affinité particulière pour cette fonction.
   Ces aliments, par leur action dispersante et sudorifique, font circuler l’énergie de l’organisme, les liquides organiques et le sang.
La saveur piquante est extériorisante, c’est-à-dire qu’elle amène l’énergie et les liquides vers la surface du corps, vers la peau. Ainsi, elle induit la transpiration.
Par exemple, un grog bien épicé au début d’un refroidissement fait transpirer et éliminer le coup de froid, évitant qu’il puisse pénétrer plus avant dans l’organisme et atteindre les poumons.
De plus, la saveur piquante est dispersante, c’est-à-dire qu’elle fait circuler l’énergie (qui à son tour peut faire circuler le sang et les liquides organiques). On l’utilise donc en cas de stagnation d’énergie (oppression de poitrine, distension abdominale, douleurs de l’épigastre et de l’abdomen, soupirs fréquents, irritabilité, douleurs articulaires, par exemple) ou en cas de stase de sang (douleurs en coup de poignard dans la poitrine ou l’abdomen, douleurs des règles, douleur traumatique, certaines migraines par exemple).
   La consommation régulière d’aliments possédant cette saveur va donc être bénéfique pour la fonction Poumon, en optimisant les défenses immunitaires et en restaurant le métabolisme. En provoquant une transpiration, ces aliments peuvent chasser le vent et le froid de l’organisme (toux, bronchite, etc.)
   Au contraire, en cas d’excès de consommation de cette saveur, c’est la fonction Poumon qui se trouve lésée, entraînant une contraction des tendons et une sécheresse des ongles (cet excès nuit à la fonction Foie).
En petite quantité, cette saveur tonifie le poumon et le gros intestin, mais en excès elle disperse et affaiblit leur énergie. Or, selon l'énergétique traditionnelle chinoise, c’est le poumon qui gouverne l’énergie de l’ensemble de l’organisme. En excès, cette saveur est à éviter pour une personne faible, fatiguée, car elle risque de disperser son énergie déjà insuffisante.


Quelques aliments de saveur piquante :

- Céréales et graines : millet, orge, avoine
- Légumes : poireau, radis, ail, gingembre, oignon, soja noir, bulbe de ciboule, fenouil, navet, graine de moutarde
- Fruits : pêche, abricots séchés
- Produits animaux : poulet, miel, pollen, viande de cheval
- Huile : soja, lin
- Condiments, épices : poivre, menthe, coriandre, origan, sauge, thym, ciboulette
- Boissons : thé au jasmin, alcool.


5. Les aliments de saveur salée

A cette saveur est rattachée la fonction Rein. En d’autres termes, le salé possède une affinité particulière pour cette fonction.
   Ces aliments, par leur action ramollissante, assouplissante, humidifiante et laxative, permettent de reconstituer la fonction Rein et de rafraîchir le sang. Ils ont aussi la propriété de disperser les accumulations, d’humidifier et de ramollir les masses indurées.
Vous avez certainement expérimenté l’effet assouplissant de l’eau de mer, lorsque vous étiez enfant, sur les croûtes de vos genoux couronnés. D’un point de vue plus médical, elle a la propriété de ramollir ce qui est anormalement dur comme les kystes, nodosités, goitres, lipomes. Un exemple en est l’action de certaines algues pour aider à traiter le goitre. La saveur salée a également un effet purgatif, un mouvement descendant. L’eau salée a une action intéressante en cas de constipation, car elle ramollit les selles et favorise leur évacuation.
   La consommation régulière d’aliments possédant cette saveur va donc être bénéfique pour la fonction Rein, en lui redonnant de l’énergie. Consommer une petite quantité de cette saveur salée nourrit l’énergie des reins.
   Au contraire, en cas d’excès de consommation de cette saveur, le sang devient stagnant dans les vaisseaux, par altération de sa viscosité. De même, il faut éviter une surconsommation de cette saveur en cas d’atteinte du sang (hypertension artérielle par exemple). Un excès de cette même saveur affaiblit donc les reins et les os, et a une action défavorable également sur le cœur. Il est donc déconseillé de manger salé en cas de troubles rénaux ou cardio-vasculaires.
   De même, un penchant immodéré pour cette saveur, ainsi qu’un rejet total, indiquent souvent un déséquilibre au niveau de la fonction Rein.

Quelques aliments de saveur salée :

- Céréales et graines : millet, avoine, orge, seigle, graines germées de luzerne et d’orge
- Légumes : algues, champignon noir, soja, asperge, pissenlit
- Fruits : châtaigne
- Produits animaux : boudin, canard, pigeon, porc, salaisons, sanglier, crevette, huitre, moule, calamar, fromages, œufs de poisson
- Condiments, épices : sel, sauce de soja
- Boissons : Perrier, Badoit, Vichy, bourrache.

Produits plus exotiques :
Natto (aliment japonais traditionnel à base de haricots de soja fermentés).

 

Les indications des aliments sont très précis, par exemple le concombre traite la rétention d’eau, le céleri soulage l’hypertension artérielle, la pomme de terre soigne les ulcères de l’estomac, le cèpe traite la fatigue, le kiwi est digestif et prévient l’indigestion, la pêche soigne la constipation, la mangue empêche les vomissements, le crabe facilite l’accouchement, la carpe favorise la production de lait chez la maman qui allaite, la viande de mouton combat la frilosité, la viande de lapin fait descendre le taux de sucre dans le sang, la viande de caille traite les rhumatismes, l’œuf de caille est anti-allergique, le gingembre prévient les intoxications alimentaires, etc.

Bien entendu, tous les aliments ne soignent pas les troubles comme le font certains médicaments. En revanche, ils soulagent, aident, soutiennent. Il n’est pas dans notre propos de dire qu’ils traitent le diabète, le cancer ou une maladie cardiaque. 
Mais il faut savoir que certains aliments favorisent la guérison, préviennent l’aggravation ou l’apparition d’une maladie, ce qui est déjà fantastique en soi.


 


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